L’adaptation d’un Belge au Québec (entrevue)

Tout d’abord, notre interlocuteur a décidé de s’installer au Québec car il souhaitait s’écarter de la vie familiale. Parallèlement, il a rencontré un Québécoise en Belgique qui lui a proposé de venir s’installer au Québec. La situation du travail étant très différentes d’ici pour les étudiants Belges, comme il n’est pas possible de travailler pendant les études dans son pays d’origine, il est difficile de concevoir l’opportunité d’une indépendance monétaire. Ainsi, les étudiants belges sont forcément dépendants de leurs parents à 100%.

De plus, il y a un nombre d’heure maximal pouvant être effectué par un étudiant avant d’être taxé, ceci est également valable pour l’employeur qui paye un étudiant pour travailler pendant plus de 50 jours. Ainsi, les jeunes ne peuvent pas espérer travailler un nombre de jours qui dépasse cette limite. Ajoutons à cela que le salaire «  étudiant » se situe à 3-4 euros en dessous du salaire minimum.

Selon notre interviewé, il est beaucoup plus facile de se trouver un emploi au Québec et le marché du travail est plus flexible. Il affirme qu’il n’a rencontré aucune difficulté à trouver un emploi. Sinon, les entretiens d’embauche sont similaires dans les deux pays. Il a aussi eu l’opportunité de se faire aider par sa copine dans la conception d’un CV qui entre dans le cadre québécois. Cela l’a beaucoup aidé selon lui, car il a eu plusieurs modifications à faire. Par exemple, il a dû épurer le contenu trop élaboré et retirer sa photo.

Maintenant, il travaille comme serveur dans un restaurant à Québec et il a eu l’occasion de déceler quelques différences culturelles; la plus grande étant que les relations entre employés et les supérieurs sont très différentes. Ici, elles sont plus amicales et décontractées. Au Québec, il y a moins ce besoin d’approbation de la part de ses collèges et patrons, il y a plus de liberté. Selon lui, au Québec, les résultats sont plus importants que les moyens utilisés, en Belgique « on te dit comment faire ton travail et le résultat en dépendra ». C’est d’ailleurs son plus grand choc culturel.

La routine de vie québécoise diffère de la Belgique, principalement sur les heures de repas. On mange beaucoup plus tôt ici, surtout le soir. Dans son pays, lorsqu’il sortait, il avait l’habitude d’aller au restaurant vers 21 h ou 22 h, tandis qu’ici il a des restaurants qui ferment même à cette heure-là, dont celui auquel il travaille.

Un des chocs culturels qu’il a rencontré, hormis la température, est le sens de l’accueil des gens. Cette particularité lui a tout de suite permis de se sentir à son aise. Selon lui, les Québécois jugent et critiquent très peu les autres. De plus, en Belgique, les gens sont plus explosifs et directs, tandis qu’ici on s’exprime davantage et on est plus calme. Considérant cela, il a dû adapter sa façon de s’exprimer autant dans sa relation de couple que dans ses relations au travail.

Robin aborde le sujet du climat en nous faisant part de ses nombreux accidents sur la glace, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant. Notre interviewé revient souvent avec le fait qu’il trouve difficile qu’il y ait de si grandes distances à parcourir au Québec quotidiennement, il trouve que tout est très espacé. Sans voiture, il admet que c’est difficile. En Belgique, tout petit pays, tout est à proximité et le transport en commun est plus développé. C’est un aspect de son pays qui lui manque.

Depuis son arrivée, il n’a pas vraiment subi de préjugés ou du racisme. À l’occasion, des moqueries parce que les gens pensent qu’il est Français. D’ailleurs, il nous a raconté une anecdote malgré tout assez cocasse; il s’est déjà fait demander où était le pain dans un supermarché parce qu’il est « Français »! Sinon, il admet avoir eu des difficultés avec l’accent québécois lorsqu’il est arrivé ici, qui se sont résorbées avec le temps.

Lorsque nous lui avons demandé ce qui lui manquait de son pays, il y a bien sûr parlé de sa famille et de ses amis, ainsi que la bière belge. Lorsque nous lui avons demandé s’il aimerait que des aspects du Québec se retrouvent en Belgique, il nous a parlé de la manière de se comporter en société, la manière de se comporter au travail, les relations entre classes sociales et notre politique d’immigration, sur laquelle il porte beaucoup d’intérêt. Il trouve que les politiques d’immigrations sont déficientes en Belgique.

Avant son arrivée, il avait en tête quelques stéréotypes sur les Québécois, certaines se sont avérées vraies, d’autres non. En outre, il pensait que c’était très américanisé, ce qu’il a infirmé. Par contre, il a confirmé à son arrivée que la vie est plus chère ici. Il a confirmé le stéréotype du « gros barbu » avec la chemise carreautée, par exemple. Malgré le fait que selon lui, il n’aura jamais l’accent québécois, il s’adapte bien aux expressions.

Photo à la une : Vue sur le château Frontenac et le fleuve St Laurent depuis les plaines d’Abraham à Québec par Clémence Bravetti

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